Marianne Estène-Chauvin, la gardienne du Belles Rives qui fait vivre l’esprit de Fitzgerald à Juan-les-Pins
Présidente du groupe Belles Rives, elle a repris en 2001 l’hôtel familial et créé en 2011 un prix littéraire. La 15e édition du Prix Fitzgerald vient de couronner Julian Barnes.
Vendredi soir, au bord de l’eau, le jury du Prix Fitzgerald a couronné l’écrivain britannique Julian Barnes pour son roman Départ(s), paru chez Stock en janvier, rapporte Le Journal des Palaces. Quinzième édition d’un prix né au Belles Rives, l’hôtel de Juan-les-Pins que dirige Marianne Estène-Chauvin.
L’hôtel appartient à la même famille depuis les années 1930, et l’histoire y est partout : c’est dans cette villa que l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald a séjourné, et le piano-bar de l’établissement porte son nom. Marianne Estène-Chauvin y est entrée pour seconder son oncle, avant d’en prendre la direction.
La reprise, en 2001, n’a rien d’une formalité. Selon le récit qu’elle en a fait au cabinet Grant Thornton, elle a dû convaincre des financiers pour reprendre l’établissement, puis a mené sa rénovation. Quelques années plus tard, elle fait entrer un second hôtel dans le giron familial, l’Hôtel Juana, à Juan-les-Pins.
Le groupe Belles Rives compte aujourd’hui deux hôtels cinq étoiles, trois restaurants dont un étoilé, deux bars, une plage privée et un club de sports nautiques, selon Le Journal des Palaces. Son restaurant gastronomique, La Passagère, a décroché une étoile au guide Michelin. Fidèle à la tradition des hôtels de bord de mer, le Belles Rives ouvre de mars au début de l’hiver, et sa plage d’avril à octobre.
C’est par la littérature que la présidente a choisi de faire rayonner la maison. En 2011, elle crée le Prix Fitzgerald, dont elle préside l’académie. Le prix a depuis distingué des auteurs comme des cinéastes : Quentin Tarantino en a été lauréat.
L’hôtel s’est aussi ouvert aux soirées caritatives et culturelles. Le Belles Rives organise le Bal des Rêves, dont la cinquième édition est annoncée pour le 12 septembre, et sa présidente a cofondé l’initiative artistique Greenlight.
Le modèle a pourtant ses fragilités. Un hôtel saisonnier, fermé l’hiver, dépend largement de la clientèle internationale et des aléas du tourisme. L’indépendance a un prix face à des groupes capables d’investir massivement et de remplir leurs chambres grâce à leurs réseaux. Le prix littéraire, enfin, est autant un geste de mécène qu’un outil d’image : une manière élégante de rappeler au monde que l’hôtel de Fitzgerald existe toujours.
Dans une hôtellerie de luxe de plus en plus dominée par les grands groupes, le Belles Rives reste une maison indépendante et familiale, où la quatrième génération est désormais associée à la gestion. Un modèle que Marianne Estène-Chauvin défend en misant sur ce que les chaînes ne peuvent pas acheter : une histoire.
Sources
- Belles Rives : découvrez le lauréat du Prix Fitzgerald 2026 (Le Journal des Palaces)
- Portrait de Marianne Estène-Chauvin, présidente du groupe Belles Rives (Tendance Hôtellerie)
- Millésimées : Marianne Estène-Chauvin (Grant Thornton)
- Who's who : Marianne Estène-Chauvin, présidente du groupe Belles Rives (Le Journal des Palaces)
- Belles Rives : le Bal des Rêves revient pour sa 5e édition (Le Journal des Palaces)
- Lancement du Prix Fitzgerald (Livres Hebdo)
- Quentin Tarantino lauréat du Prix Fitzgerald (Livres Hebdo)
- Belles Rives' literary legacy helps it write new history (Hotels Magazine)