Fredrik Brag, le Suédois de Sophia Antipolis qui fait entrer l’IA dans le dépistage du cancer du poumon

Fondateur de Median Technologies en 2002, il a obtenu cette année l’autorisation américaine puis européenne de son logiciel eyonis LCS. La société affiche un carnet de commandes record.

Par Nathan BelkacemPublié en Sources : Business Wire, Le Journal des Entreprises, Median Technologies, MarketScreener, Pharma IndustryRead in English
Un scanner mobile. Photo d’illustration.
Un scanner mobile. Photo d’illustration. Photo : Derek Harper / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Vingt-quatre ans après avoir créé Median Technologies, Fredrik Brag voit l’aboutissement d’un long pari. Le logiciel eyonis LCS, qui aide les médecins à repérer et caractériser les nodules pulmonaires sur les scanners grâce à l’intelligence artificielle, a obtenu en février l’autorisation de la FDA américaine, puis en juillet le marquage CE européen. La société de Sophia Antipolis peut désormais le commercialiser des deux côtés de l’Atlantique.

Le fondateur résume l’étape dans le dernier communiqué du groupe : « Nous avons également franchi des étapes réglementaires majeures pour eyonis LCS, avec l’autorisation de la FDA aux États-Unis et le marquage CE en Europe » (traduit de l’anglais). Le jour de l’annonce américaine, le titre de la société cotée sur Euronext Growth s’est envolé en Bourse.

Fredrik Brag est suédois, diplômé de la Stockholm School of Economics en 1985. Avant Median, il a dirigé de 1997 à 2002 la société Health Center, Inc. En 2002, il fonde Median Technologies sur la technopole azuréenne. Il en a été président-directeur général jusqu’en avril 2019, avant de conserver la seule direction générale.

Le parcours n’a pas été simple. Interrogé en 2023 par la revue suédoise Pharma Industry, il racontait s’être tourné vers la Silicon Valley pour trouver des investisseurs, faute d’appuis suffisants en France.

L’entreprise vit d’abord d’un autre métier. Son activité dite iCRO consiste à analyser les images médicales des essais cliniques pour les laboratoires pharmaceutiques. Elle a généré l’intégralité des 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires de 2025, en hausse de 2,6 %. Fin juin 2026, son carnet de commandes atteignait le niveau record de 82,4 millions d’euros, en hausse de 15,6 % sur un an, avec une trésorerie de 60,8 millions d’euros.

Eyonis LCS doit ouvrir un second relais de croissance. Median a signé en décembre 2025 un premier accord de distribution avec un grand groupe de santé américain, et a nommé Oran Muduroglu à la présidence de sa filiale américaine. La priorité est désormais le lancement commercial aux États-Unis.

La société a aussi resserré ses coûts : son effectif est passé de 259 salariés fin 2023 à 227 fin 2024, et sa perte opérationnelle a reculé de 28 % en 2025, selon la presse spécialisée. Le Journal des Entreprises évoque aujourd’hui une entreprise d’environ 220 salariés.

Le chemin a toutefois été long, et il n’est pas terminé. Vingt-quatre ans pour mettre un logiciel de dépistage sur le marché : patience de visionnaire ou lenteur coûteuse ? La société reste déficitaire, même si ses pertes ont reculé, et son activité historique finance encore l’essentiel de ses ambitions. Une autorisation n’est pas un succès commercial : sur le marché américain, eyonis LCS devra convaincre des hôpitaux très sollicités par la concurrence.

Pour Sophia Antipolis, Median fait partie des sociétés de la technopole qui portent un logiciel d’intelligence artificielle médicale jusqu’à l’autorisation américaine. Pour son fondateur, c’est la fin d’une longue phase de développement et le début de la commercialisation.

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